NOUVEL ACCROCHAGE
Depuis le 1er janvier 2010, entrée gratuite pour tous dans la collection.
La première salle de ce nouvel accrochage interroge l’origine de la forme et de sa déduction à partir d’un réel. Anatomia II de Giuseppe Penone est un bloc de marbre placé par l’artiste dans une rivière qui la sculpte. Un moulage de sa main est inclus dans la pierre. Sans titre, 1989, est une peinture faite avec la chlorophylle de l’arbre qui marque la toile à partir de frottage. Gabriel Orozco a réalisé un ensemble de terres cuites dont sont issus Hand Pot, Arm et One. La terre est liée pour lui à l’intime. Il semble renouveler à chaque fois la relation étroite de l’art et de la vie, dans ces formes simples présentées sur des tables de marché de son pays, le Mexique. Trompet Jet de Panamarenko est un sac à dos volant. Ce rêve d’envol s’inscrit dans une longue généalogie depuis Léonard de Vinci.
La deuxième salle a pour thème la forme simple. Cette superposition est visible dans le rectangle de la Pierre de lait de Wolfgang Laib, couverte chaque jour d’un nouveau lait, une sorte de rituel vital et en même temps un parfait monochrome blanc ; ou dans le signe circulaire choisi par Olivier Mosset en 1966 comme sa marque distinctive au sein du groupe BMPT ; ou encore dans la date painting de On Kawara dont le travail relève du relevé géographique et temporel. On retrouve la forme simple dans l’Igloo de Mario Merz, qui représente à la fois le monde et la maison, l’extérieur et l’intérieur. De même, la Maison de riz de Laib représente une forme basique dotée de forte valeur symbolique comme un ex-voto. Proposition d’objets quotidiens d’Absalon à laquelle le plâtre donne une sorte de pureté fonctionne comme un modèle proche de l’Idée platonicienne.
La salle suivante présente une démonstration plus conceptuelle du comment générer une œuvre. La suite régulière du tampon Louis Cane artiste peintre de 1967 porte une réflexion sur la condition de l’artiste et de l’art. La ligne réalisée par Richard Long dans une de ses marches dans le Somerset se crée à partir du simple déplacement des éléments naturels dans leur contexte ; le pliage de la toile ou du calque pour Parmentier, un autre acteur du groupe BMPT, fait naître des bandes horizontales. Stephen Prina crée un tableau abstrait à partir de la connaissance documentaire d’autres œuvres, dans ce cas en confrontant deux cadres, l’un représentant la totalité de l’œuvre de Manet et l’autre, à échelle un, le Buveur d’absinthe conservé au Danemark. Dans Triangulation, Daniel Dezeuze déduit la forme tant du matériau, la souplesse et la minceur du bois de placage utilisé que de l’histoire de la peinture et de la forme du châssis utilisée traditionnellement pour tendre la toile.
Martial RAYSSE, La Source. (c) ADAGP Paris 2010
Les salles suivantes font la part belle à la peinture. En écho à l’exposition de l’été 2010 consacrée à Gérard Gasiorowski, la première salle est centrée sur des œuvres de Martial Raysse et Gerhard Richter, deux artistes qui ont expérimenté la rupture au sein de leur travail : pour l’un entre figuration et abstraction, pour l’autre entre figuration contemporaine et figuration passéiste. Entre Blumen de Richter, la Source de Raysse, une allégorie datée de 1982, et le motif décoratif floral du Sans titre de Christopher Wool, se déclinent plusieurs états de la figuration : de la représentation traditionnelle au all over du papier peint. Le travail d'Alain Jacquet autour des trames est contemporain de la multiplication de l’image imprimée dans notre quotidien. Sigmar Polke lui aussi travaille à partir d’images : images de presse, gravures anciennes, impressions sur tissu. Dans sa série de peintures métalliques sur papier, il utilise la trame d’impression comme motif abstrait. La peinture abstraite de Wool superpose Action Painting et ce qu’on pourrait identifier comme un motif de ferronnerie et de rose des vents. Albert Oehlen et son ami Julian Schnabel s’établissent plus simplement du côté de l’expressionnisme de la peinture et d’une réussite formelle.
Albert OEHLEN, Sans titre
La salle suivante propose des œuvres autour de l’idée de l’assemblage et de la couleur. Une sorte de généalogie se tisse entre les peintres Sigmar Polke, Albert Oehlen et André Butzer qui ont tous participé à des titres divers à la scène hambourgeoise. Jessica Stockholder propose des installations à partir d’objets usagés souvent recouverts d’aplats de peinture où elle interroge les paramètres inhérents à la peinture. A partir de 1975, Gerhard Richter se tourne vers l’abstraction. Richter propose surtout dans les grands formats un simple champ de peinture. D’une façon différente, André Butzer déjoue les charmes du lyrisme en peinture. Sa véhémence est à la fois critique par rapport à ce qu’a été l’héroïsme de l’expressionnisme abstrait mais également pleine de réussite pour une œuvre très bien composée. Le diptyque d’Albert Oehlen est une nouvelle acquisition. Il appartient à la dernière série réalisée par l’artiste à partir de collage d’affiches commerciales et d’interventions au doigt et au chiffon. Cette série correspond à l’envie de l’artiste d’engager un nouveau dialogue avec le pop art et d’aller consciemment vers une peinture directe, colorée et joyeuse.
Wolfgang Laib appuie sa pratique artistique sur une collecte de matières naturelles : pollen de fleurs, lait, cire qui valide la vérité de l’œuvre non seulement au niveau esthétique mais comme un protocole de vie. Dans la composition abstraite de Jean-Pierre Bertrand, une partie de l‘œuvre se fait d’elle-même par l’utilisation de matériaux naturels tels que le miel ou le jus de citron qui teinte et troue le support papier. Associé au mouvement de la Figuration narrative, Henri Cueco né en 1929 et originaire de Corrèze, opère avec la série des Herbes/Paysages dessinés un retour sur le motif dont est caractéristique ce Tas de feuilles, 1981.
Henri CUECO, Tas de feuilles. (c) ADAGP Paris 2010
La salle suivante réunit des œuvres développant les thèmes de l’unique et de la multitude : interrogation sur le double et l’apparence au travers du miroir qui devient peinture de Bertrand Lavier et du double portrait de Suzanne Lafont qui interroge sur l’apparence presque identique des modèles. Tödi d'Alan Charlton est constituée d'éléments superposés à intervalles égaux et construit une forme d’une grande force architectonique à partir de bandes toutes identiques.
Christian BOLSTANSKI, Composition classique. (c) ADAGP Paris 2010
La fin du parcours s’articule sur les questions de l’objet et de l’identité avec comme point de départ une œuvre majeure des années 70 : Vitrine de référence de Boltanski. Elle fait partie d’une série qui réunit des objets et des photos susceptibles de lui avoir appartenu pendant son enfance. On retrouve la même mise en doute de la réalité dans l’architecture futuriste proposée par Alain Bublex dans Plug-in-City (2000)–Loft Construction, 2005 en hommage au groupe anglais Archigram. Une partie est une photographie réelle alors que d’autres éléments ont été insérés artificiellement grâce à Photoshop. De même le personnage de Composition classique, 1982 de Boltanski est un pantin. Au contraire, le mortier (Sans titre, 1988) de Favier centre l’attention par la composition choisie et semble être doté d’une présence qui dépasse largement le type d’objet considéré. La Réserve de Gilles Barbier montre un astronaute perdu dans le monde stellaire. A l’intérieur de cette scène presque normale les bulles constituent des ruptures, où s’insèrent des discours complètement décalés. Le tableau relief de Barcelo El Remolino (le tourbillon) présente une autre représentation du mouvement cosmique dans une matière extrêmement épaisse. Tony Cragg Under the Skin, 1994, contrairement au titre de l’œuvre semble s’inscrire dans un dialogue fécond avec l’œuvre de Gilles Barbier en détruisant l’épiderme des choses et en profilant autour de chacune d’entre elles une sorte de nuage des possibilités.
Comme l’année dernière, le parcours se clôt sur les deux grandes installations de Hans-Peter Feldmann et de Christian Boltanski.
Télécharger le dossier de presse
LES ANIMATIONS-VISITES POUR ENFANTS - ADULTES :
Télécharger le programme de septembre-octobre 2010
Renseignements sur les visites guidées et animations autour de la collection : contacter le
service culturel